Dans ce bulletin de lundi, il va bien falloir parler de ce qui fâche depuis quelques jours: les vents cisaillants.
Ces courants qui empêchent le développement de l'activité tropicale font de plus en plus de zèle en particulier dans l'océan Atlantique, et MELISSA, tout comme KAREN, vient d'en être une "victime".
Evidemment, il faut relativiser les termes, en tout cas ne pas les prendre au premier degré lorsque l'on sait quelles conséquences désastreuses peuvent découler du passage des ouragans.
Ce propos n'est pas de regretter que ces systèmes ne puissent pas se développer, mais simplement de constater, la préservation de la vie doit rester une priorité, même si l'on s'intéresse de près à ces phénomènes naturels extrêmes.
Ceci étant dit, il est temps de revenir à nos moutons, du moins à notre activité tropicale qui semble traverser une période plus troublée, en tout cas sur le bassin le plus proche de nous.
Il est évidemment trop tôt pour faire un bilan de cette saison 2007.
Déjà, nous ne sommes qu'au début du mois d'Octobre, et il peut encore se produire pas mal de choses dans les semaines à venir, aussi bien dans le Pacifique nord que l'Atlantique.
Ensuite, les conditions restent très favorables sur les bassins, en tout cas, une partie de ces conditions continue à être réunie(s), en particulier la température des eaux de surface, élément vital à l'alimentation de tout système tropical qui se respecte.
Outre la température de l'eau, la densité de sable présent dans l'atmosphère est très faible, ce qui n'est pas anormal en cette période de l'année, la dispersion étant généralement plus importante en Juin et Juillet au large de l'Afrique.
Dans le précédent bulletin, il était fait mention du phénomène "El Niña" dans le Pacifique, qui fait remonter des eaux plus froides des profondeurs au large des côtes d'Amérique Latine, dont les effets se dont ressentir jusque sur l'Atlantique nord, en particulier sur l'activité tropicale.
Celle-ci est souvent plus importante en cas de présence de "El Niña" que pendant les périodes contraires de "El Niño", on l'a bien vu en 2006, où ce dernier phénomène a quasiment arrêté net une saison qui semblait pourtant prometteuse (en tout cas, annoncée comme telle, surtout après l'exceptionnelle saison 2005).
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| En 2007, ce n'est pas le cas, "El Niña" est bien présent sur le Pacifique, mais un autre élément est en train de devenir de plus en plus "envahissant": les vents cisaillants. Les cisaillements sont sans doute ce qui constitue l'élément le plus déterminant dans la formation tropicale. |

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Leur absence ou leur présence influe en grande partie sur l'évolution d'un système actif, celui-ci étant particulièrement sensible à toute modifcation de leur intensité.
Globalement, on parlera de cisaillants lorsqu'il y a une rupture dans un flux quelconque, qu'il soit horizontal ou vertical |
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| Dans le cas des formations cycloniques, c'est la verticalité qui est importante, le courant qui va de la surface vers la troposphère, cette partie supérieure de l'atmosphère que l'on retrouve à plus de 13000 mètres (ce qui correspond en moyenne à une pression de 200 hPa en été). |
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| Un cyclone occupe en principe toute la hauteur de la surface à la haute altitude, son déplacement se fait en rapport au flux horizontal que l'on trouve à cette haute altitude, ce qui explique que, généralement, les systèmes tropicaux ont une trajectoire souvent identique, en tout cas, un sens général "est-ouest" dans l'hémisphère nord, de l'Afrique vers les Caraïbes, de l'Amérique Centrale vers le centre du Pacifique, des Mariannes vers le Japon ou la Chine, par exemple. Dès que des vents contraires à ce flux sont présents, ils peuvent représenter un frein à l'air chaud qui remonte de la surface des eaux, les cisaillements se produisant de la troposphère vers une altitude moyenne de 1800 mètres, générant également une diminution générale de la dynamique du système.
Ces cisaillements amènent un air souvent plus sec, réduisant ainsi l'hygrométrie ambiante, ce qui ôte au cyclone sa nourriture principale, avec la chaleur qui remonte de la surface des eaux.
Enfin, ils ont une très mauvaise habitude, celle de perturber la divergence d'altitude, cette évacuation et la dispersion de l'air pulsé vers le haut, ce qui constitue une des forces d'un système tropical solide: le vortex est alors fortement réduit, et le cyclone peut alors rapidement de son intensité.
Globalement, on considère qu'en dessous de 35 kmh, un vent cisaillant n'a pas d'influence sur le développement tropical, plus cette vitesse est basse, plus l'intensification peut être possible et être rapide.
Mais ceci n'est pas toujours le cas, de puissants cyclones peuvent résister à des cisaillements supérieurs à 60 kmh, tandis que d'autres systèmes tropicaux peineront à s'amplifier avec des vents cisaillants ne dépassant pas les 20 kmh. C'est alors la présence d'air sec et plus froid qui intervient dans les éléments défavorables.
Actuellement, en Atlantique, les cisaillements sont importants entre les îles du Cap Vert et le nord des Petites Antilles, là où justement circulent la plupart des ondes tropicales.
Si une diminution de ces vents se produit d'ici peu, on pourrait alors assister à un nouveau réveil dans ce secteur.
Dans le Pacifique NE, JULIETTE continue de remonter le long de la Basse Californie, mais devrait se disperser d'ici 48 heures, cette tempête tropicale rencontrant sur son chemin des eaux plus fraîches et de l'air plus sec.
LEKIMA devrait, dans le Pacifique NW, atteindre le stade de typhon de catégorie 1, d'ici 24 heures, les cisaillements sont relativement faibles dans ce secteur de l'océan. L'île chinoise de Hainan est tout de même en première ligne, elle devrait subir le passage de ce futur typhon dans les 48 prochaines heures, avant que celui-ci atteigne le nord du Vietnam jeudi prochain.
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