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L'activité tropicale au jour le jour, ou presque

14 mai 2008

BULLETIN SPECIAL BIRMANIE


BULLETIN DU MERCREDI 14 MAI 2008

Global Sea-Surface Temperature

Température des océans

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EDITION SPECIALE
14 Mai 2008: La Birmanie est en train de vivre une des pires catastrophes de son histoire météo avec le passage il y a quelques jours du cyclone NARGIS.

Celui-ci a dévasté une grande partie du pays en laissant des traces profondes parmi la population dont les victimes se comptent en plusieurs dizaines de milliers de morts, d'autant de disparus et de plus d'1 million de personnes sans abri, sans rien, pratiquement abandonnés à leur sort.

Il n'est pas question ici de juger le comportement des autorités du pays, mais le constat est là, effroyable, incompréhensible: les secours peinent à arriver sur place, l'organisation de l'aide est considérablement freinée par le gouvernement qui veut absolument tout contrôler, au risque d'aggraver un peu plus encore (si c'est possible) les conditions de vie de tous les sinistrés du pays.

NARGIS était pourtant bien annoncé par l'ensemble des spécialistes, en particulier par ceux de l'Inde voisine, qui possède un service spécial pour les phénomènes tropicaux, étant elle-même concernée par les colères cycloniques et la mousson, dont les premières pluies se rapprochent déjà.

Dans le journal birman "The new light of Myanmar" (la nouvelle lumière de Birmanie), l'alerte cyclonique, pourtant d'une urgence ultime, est reléguée en page 15, loin derrière les gros titres du jour, plutôt dans la rubrique "divers" de tout quotidien.

Pourtant, NARGIS n'est pas le premier système à déferler sur la Birmanie: depuis 1970, on peut en compter au moins 6.

La nouvelle dans le journal

En 1975, le cyclone PATHEIN, catégorie 1, avec des vents moyens de 125 kmh, a pénétré dans le delta de Irrawaddy, provoquant une vague cyclonique de plus de 1.2 m. Le delta a été inondé, et 187 personnes ont trouvé la mort.

En  1982, le cyclone GWA, catégorie 4, avec des vents moyens de 200 kmh, a dévasté la même zone, avec une vague cyclonique de près de 4 mètres.

En  1992, le cyclone SANDOWAY, catégorie 1 (vitesse moyenne 120 kmh), est entré un peu plus au nord que GWA avec une vague de 1.2 mètre.

En 1994, le cyclone SITTWE, de catégorie 4 (vents moyens supérieurs à 210 kmh), avec une vague de plus de 1.2 mètre.

Enfin, en 2006, c'est MALA, cyclone de catégorie 4 (vents moyens 190 kmh) qui a dévasté à nouveau le delta de Irrawaddy, mais il n'y a pas de précisions concernant une vague cyclonique.

A priori, la population n'est pas réellement consciente des risques qu'elle encourt à l'approche d tels phénomènes, pourtant récurrents. L'alerte générale n'a été diffusée que 48 heures à l'avance, trop tardivement de toutes manières pour qu'une organisation se mette en place efficacement.

Pour en revenir à un point de vue plus "météorologique", NARGIS a été un système remarquable à bien des points de vue, même si le mot "remarquable" n'est peut être pas le meilleur dans ce cas de figure.

Ce cyclone fait désormais partie des 10 plus meurtriers systèmes de l'histoire, avec plus de 100 000 morts, le plus meurtrier restant le terrible cyclone BOLA en 1970 qui a provoqué la mort de plus de 500 000 personnes au Bengladesh.

Les vents ont dépassé 215 kmh en moyenne, classifiant ce cyclone en catégorie 4 (échelle de Safir-Simpson) peu avant son arrivée sur les terres birmanes.

Trajectoire de NARGIS sur la Birmanie

Le dernier week-end d'Avril, une zone d'intense convection se forme dans le Golfe du Bengale, à environ 1100 km au SE de la ville indienne de Chennai. Avec une bonne dynamique et des vents cisaillants faibles, le système se développe rapidement, et il est classé dès le 27 Avril comme dépression tropicale par le centre météorologique indien.

24 heures plus tard, sa structure s'affirme et il devient tempête tropicale puis cyclone avec des vents moyens qui atteignent déjà les 160 kmh. Il est alors prévu qu'il atteigne le Bengladesh, avant de se désorganiser quelque peu, sa face sud devenant beaucoup moins solide. Le stade de tempête tropicale est même estimé durant quelques heures avant que NARGIS se réveille de nouveau.

 

Le 1er Mai, NARGIS s'intensifie rapidement dans son déplacement vers l'est, se rapprochant alors d'un thalweg d'altitude. Un oeil se forme alors, d'un diamètre de 19 km et le 2 Mai, les vents moyens sont estimés à 215 kmh alors que le cyclone est tout près des côtes birmanes.

Vers 12h UTC, NARGIS touche terre dans la province de Ayeryarwady, il s'affaiblit lentement, alimenté par la mer d'Andaman, passe au sud de Yangon (Rangoon, l'ancienne capitale de la Birmanie) avec des vents qui dépassent encore les 130 kmh dans une trajectoire qui tourne au NE.

Le 3 Mai, NARGIS est déclassifié, s'étant considérablement affaibli à l'approche de la région montagneuse de la frontière avec la Thaïlande.

Avant et après NARGIS

Pour arranger le tout, voici que menace un nouveau système tropical tout près des côtes birmanes.

 

En effet, une convection se met en place au sud de Yangon, la circulation en surface est importante, et comme les eaux du Golfe du Bengale sont toujours très chaudes (supérieures à 30°). Les vents cisaillants sont relativement  modérés, ce qui est en général favorable à un développement tropical, même si le centre convectif est très proche des terres, ce qui devrait a priori limiter son extension.

Image satellite

Si le système de basses pressions s'éloigne vers l'ouest, il rejoindra une zone d'eaux très chaudes, ce qui pourrait l'alimenter et le développer. Si le flux général est plutôt vers l'est, l'intérieur des terres, cela limitera la menace. (Actuellement, ce sont les pluies diluviennes qui préoccupent  les populations de cette région du monde, avec l'arrivée de la mousson, ce qui va dégrader la situation).

La convergence de surface est assez importante, ce qui traduit une circulation dynamique, d'autant qu'en altitude, la divergence est également importante.

La convergence est un phénomène de concentration des vents à la surface, ce qui créé à terme un mouvement de rotation, favorisé par la divergence d'altitude, celle-ci étant la capacité à l'air qui remonte de s'évacuer rapidement, comme "aspiré" par les hautes couches de l'atmosphère. Plus la divergence est élevée, plus le flux vertical est solide, la chaleur captutée à la surface (convergence) remonte et s'évacue après s'être condensé au contact de l'air plus froid. Le cycle se fabrique ainsi, l'alimentation par les eaux chaudes, la remontée de la chaleur et l'évacuation par le haut, et ainsi de suite.

Cisaillements

Divergence d'altitude Convergence de surface
Si la situation se développait, de nouvelles infos seraient alors mises à disposition
Pacific Analysis
Potentiel cyclonique Activité cyclonique

Sécheresse de l'atmosphère

East Pacific Basin
Animation satellite Température des eaux Analyse de surface

IPas de système actif actuellement dans le Pacifique NE

   

Atlantic Forecast
Potentiel cyclonique Pressions en surface
Densité de sable en dispersion
Cisaillements Atlantique NW Cisaillements Atlantique NE
Atlantic Basin
Animation satellite Température des eaux Analyse de surface

Pas de système actif actuellement sur ce secteur, début "officiel" de la saison: 1er Juin

Indian Ocean Basin
Animation satellite Température des eaux Activité cyclonique

Voir plus haut

Après NARGIS, ABE ???

West Pacific Basin
Animation satellite Température des eaux Analyse de surface

Pas de système actif depuis la dissolution de RAMASSUN

Jusqu'au 1er Juin 2008, mises à jour intermittentes.

Prochain bulletin complet: courant Mai 2008


Posté par eagle78180 à 11:32 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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